Fondateur des Filles de Saint-Paul

Jacques Alberione est né le 4 avril 1884 à San Lorenzo di Fossano, un petit village du Piedmont en Italie.

La nuit du 31 décembre 1900, alors qu'il prie longuement dans la Cathédrale d'Alba, ce jeune séminariste est saisi intérieurement par le désir intense de « faire quelque chose pour le Seigneur et pour les hommes et les femmes du nouveau siècle ». Cet appel se précise au fur et à mesure qu'il comprend les possibilités qu'offrent les moyens de communications sociales pour l'annonce de l'Évangile.

 

Durant cette même période, Jacques Alberione étudie et médite longuement la lettre de saint Paul aux Romains. Il aime toutes les facettes de la personnalité de l'Apôtre : sa relation intime avec Jésus, sa capacité d'adapter le message de l'Évangile aux divers auditoires, son empreinte laissée sur l'organisation de l'Église, son zèle pour tous les peuples. Pour lui, saint Paul est le véritable Apôtre, de qui chaque apôtre peut s'inspirer quelle que soit l'époque.

En 1914, Jacques Alberione fonde la Société Saint-Paul et, en 1915, les Filles de Saint-Paul à qui il donne le même esprit et la même mission. Il écrit : « la radio, la télévision, le micro, l'écran sont votre chaire. L'imprimerie, la salle de projection et d'enregistrement sont votre église ». C'est par ces instruments de communication que se répandent les idées, que se forment les mentalités et les cœurs.

 

Au fil des années, « les grands besoins d'aujourd'hui » se précisent dans le cœur de Jacques Alberione. Guidé par l'Esprit, il trace les lignes pour les différents instituts qui forment la grande Famille paulinienne. Il s'éteint le 26 novembre 1971 à l'âge de 87 ans. Le 27 avril 2003, l'Église, ayant reconnu la sainteté de Jacques Alberione, le déclare bienheureux.

 

De la machine à coudre aux médias de masse

Sœur Thècle Merlo aimait répéter :
« Prêtons nos pieds à l'Évangile pour qu'il courre et se propage partout dans le monde...
Je voudrais avoir mille vies pour les consacrer toutes à ce noble apostolat. »

 
Dans son atelier de couture d'un village du nord de l'Italie, Teresa Merlo ne songeait sûrement pas à fonder une organisation qui se répandrait dans plus de cinquante pays. Mais cette jeune fille, qui devint la cofondatrice des Filles de Saint-Paul, portait au cœur un grand désir de consacrer sa vie à Dieu et de le faire connaître au plus grand nombre de personnes. On est au début du XXesiècle.
L'occasion de réaliser son rêve se présente alors qu'elle a vingt ans. Elle rencontre un jeune prêtre, Jacques Alberione, qui a réuni, un an auparavant, un groupe de garçons pour « faire du bien par la bonne presse ». Il lui propose de collaborer à la naissance de la branche féminine. Il s'agit d'une perspective inédite : des livres à imprimer, des évangiles à diffuser, une mission ouverte sur le monde entier.

L'enthousiasme de celui qui deviendra le fondateur de la Famille paulinienne touche Teresa.

Elle décide de le suivre dans cette aventure et de se consacrer au Seigneur sous le nom de Thècle, en mémoire de la femme qui, selon la tradition, fut la première disciple de saint Paul. Avec une foi et une confiance inconditionnelles, elle s'engage sur cette voie mystérieuse de l'annonce de l'Évangile par l'imprimé, et plus tard, par les autres moyens de communication. Elle devient la collaboratrice sage et avisée du fondateur.

On lui confie les jeunes qu'elle forme à la vie religieuse et encourage à se préparer pour ce nouvel apostolat : écrivaines, conférencières, responsables de librairies, publicitaires, spécialistes du cinéma et de la radio. Dans la formation qu'elle leur donne, il y a un leitmotiv, la «passion» du bien, et une source d'inspiration, la contemplation. Sœur Thècle veut que les médias transmettent des valeurs fondées sur l'Évangile.
 

Elle va de l'avant, donne l'exemple, envoie ses sœurs à travers le monde, elle leur écrit, elle leur rend visite... comme saint Paul le faisait pour ses jeunes Églises. Elle dirigera la Congrégation avec audace et clairvoyance jusqu'à son décès en 1964 à l'âge de 70 ans. Les Filles de Saint-Paul sont alors présentes dans vingt-quatre pays et leur nombre est d'environ deux mille.