De la machine à coudre aux médias de masse

Sœur Thècle Merlo aimait répéter :
« Prêtons nos pieds à l'Évangile pour qu'il courre et se propage partout dans le monde...
Je voudrais avoir mille vies pour les consacrer toutes à ce noble apostolat. »

 
Dans son atelier de couture d'un village du nord de l'Italie, Teresa Merlo ne songeait sûrement pas à fonder une organisation qui se répandrait dans plus de cinquante pays. Mais cette jeune fille, qui devint la cofondatrice des Filles de Saint-Paul, portait au cœur un grand désir de consacrer sa vie à Dieu et de le faire connaître au plus grand nombre de personnes. On est au début du XXesiècle.
L'occasion de réaliser son rêve se présente alors qu'elle a vingt ans. Elle rencontre un jeune prêtre, Jacques Alberione, qui a réuni, un an auparavant, un groupe de garçons pour « faire du bien par la bonne presse ». Il lui propose de collaborer à la naissance de la branche féminine. Il s'agit d'une perspective inédite : des livres à imprimer, des évangiles à diffuser, une mission ouverte sur le monde entier.

L'enthousiasme de celui qui deviendra le fondateur de la Famille paulinienne touche Teresa.

Elle décide de le suivre dans cette aventure et de se consacrer au Seigneur sous le nom de Thècle, en mémoire de la femme qui, selon la tradition, fut la première disciple de saint Paul. Avec une foi et une confiance inconditionnelles, elle s'engage sur cette voie mystérieuse de l'annonce de l'Évangile par l'imprimé, et plus tard, par les autres moyens de communication. Elle devient la collaboratrice sage et avisée du fondateur.

On lui confie les jeunes qu'elle forme à la vie religieuse et encourage à se préparer pour ce nouvel apostolat : écrivaines, conférencières, responsables de librairies, publicitaires, spécialistes du cinéma et de la radio. Dans la formation qu'elle leur donne, il y a un leitmotiv, la «passion» du bien, et une source d'inspiration, la contemplation. Sœur Thècle veut que les médias transmettent des valeurs fondées sur l'Évangile.
 

Elle va de l'avant, donne l'exemple, envoie ses sœurs à travers le monde, elle leur écrit, elle leur rend visite... comme saint Paul le faisait pour ses jeunes Églises. Elle dirigera la Congrégation avec audace et clairvoyance jusqu'à son décès en 1964 à l'âge de 70 ans. Les Filles de Saint-Paul sont alors présentes dans vingt-quatre pays et leur nombre est d'environ deux mille.